Alice HERZER

1884 - 1944 | Naissance: , | Arrestation: , |
21786 HERZER Alice

Convoi 77 – Alice Herzer

 

Alice Herzer, fille d’Elise Fränkel, est née Alice Fränkel à Berlin le 8 décembre 1884, à une époque où l’Allemagne n’était encore qu’un empire naissant. Nous ne connaissons ni le milieu social de ses parents, ni leur capacité financière. Nous savons toutefois qu’Alice s’est mariée à Hugo Herzer, un vendeur de textiles d’origine juive de 12 ans son aîné. Nous ne savons pas si leur union était arrangée ou non, quoi qu’il en soit, deux filles en sont nées : Hilde (née le 4 novembre 1908) et Edith (née le 26 janvier 1912). La famille possédait plusieurs propriétés, dont une à Berlin au 14 Neuen Jakobstraße, ainsi que deux autres maisons à Potsdam, dans la Luisenstraße, renommée plus tard Ludwig-Troost-Straße. La famille habitait le numéro 26 de cette rue. La maison au numéro 24 leur appartenait également, ils pouvaient ainsi la louer. Cela laisse supposer que la famille Herzer était assez fortunée.

 

Dès la prise de pouvoir d’Adolf Hitler en 1933, les magasins juifs sont boycottés, les premières lois discriminantes promulguées. La famille Herzer en est probablement victime. Nous ne savons pas si Alice elle-même était juive, toutefois elle est appelée « Sarah » dans tous les documents et sources nazies la mentionnant, un nom qui devait l’identifier comme juive, c’est pourquoi il apparaît vraisemblable qu’elle ait eu elle-même des origines juives.

 

Sans doute est-ce à cause des attaques publiques, de la haine et de la privation de droits croissantes à l’encontre des juifs européens que les Herzer décident de quitter leur patrie allemande. Edith et Hilde Herzer émigrent en 1938 à Londres ; Alice, 54 ans, et Hugo, 67 ans, gagnent la France le 26 mai 1939. Il s’installent à Nice, d’abord à l’Hôtel Francia 9-11 boulevard Victor Hugo, puis au 17 rue de Lépante et enfin au 16 rue du Soleil.

 

La France tombe aux mains des allemands dès 1940, seulement un an après la fuite d’Alice et Hugo. Les Allemands ont conquis la Belgique et les Pays-Bas en un temps record et avancent jusqu’au Pas-de-Calais. La France est balayée par l’offensive, les troupes françaises au nord sont coupées de leurs soutiens belges et anglais. Environ quatre semaines plus tard, les nazis réussissent leur percée décisive à Paris, qu’ils occupent dès le 14 juin 1940. Ils étendent leur pouvoir sur la France, qu’ils désarment. Le 16 juin, Paul Reynaud, Président du Conseil, démissionne au profit du Maréchal Philippe Pétain. Celui-ci demande l’armistice à Hitler, elle lui est accordée le 22 juin 1940. Pendant ce temps, le général Charles de Gaulle s’enfuit en Angleterre. Il s’adresse au peuple français depuis Londres dans un discours à la radio invitant à poursuivre le combat sous son autorité et il s’auto-proclame commandant des « Français libres ».

 

À partir du 21 juin 1940, la France est divisée : le Sud du pays, et notamment Nice où se sont installés les Herzer, n’est pas sous occupation allemande. Pétain dirige cette partie de la France depuis Vichy. Le gouvernement du « régime de Vichy » est officiellement indépendant, mais il est à la botte d’Hitler.

La zone nord du pays reste occupée par les Allemands, les côtes Nord et Ouest du pays étant considérées comme d’importance stratégique dans le combat contre les Anglais.

 

Dans le même temps, les « Français Libres » obtiennent de plus en plus de soutien, avant tout de l’étranger (par exemple en provenance d’Angleterre) et des colonies françaises (par exemple de l’Afrique équatoriale française).

 

Le régime de Vichy soutient les discriminations contre les juifs et promulgue des lois attaquant principalement les juifs étrangers ayant émigré en France pour fuir les nazis.

 

En 1944, Alice et Hugo Herzer sont arrêtés à Nice par la Gestapo. Ils arrivent ensuite à Drancy, un camp utilisé pour le transit des Juifs, à partir de 1941, avant leur déportation dans des camps de concentration et/ou d’extermination. Auschwitz-Birkenau, camp de concentration et d’extermination le plus tristement célèbre, fut agrandi en 1940 par les premiers internés et transformé en camp d’extermination en 1941 et 1942 – alors même que, ancienne caserne, il avait commencé par servir de camp d’enfermement pour les opposants politiques.

 

Le 31 juillet 1944, Alice et Hugo – un peu plus d’un mois après la percée des troupes alliées en France et à peine un mois avant la libération de Paris et Drancy- sont déportés ensemble à Auschwitz Birkenau où Alice Herzer est assassinée le 5 août 1944 dans une des chambres à gaz. Elle avait 59 ans.

 

 

Photographie d’Alice Herzer, Fonds de Moscou, Archives nationales françaises (voir ci-dessous)

 

 

Sources

 

Archives :

Fichiers des archives régionales et de la ville de Potsdam, http://yvng.yadvashem.org/nameDetails.html?language=en&itemId=11521310&ind=1

Fonds de Moscou, Archives nationales françaises

Sites internet :

http://www.deutschlandfunk.de/das-lager-drancy.795.de.html?dram:article_id=221812

http://www.deathcamps.org/reinhard/drancy_de.html

http://www.planet-wissen.de/ geschichte/ nationalsozialismus/auschwitz/ index.html

https://de.wikipedia.org/ wiki/Opferzahlen_der_ Konzentrationslager_Auschwitz

http://www.gedenkorte-europa.eu/de_de/article-vichy-regime.html

https://de.wikipedia.org/wiki/Vichy-Regime

 

Livres :

„Das 20. Jahrhundert in Wort, Bild und Ton“

„Propyläen – Weltgeschichte – Das 20. Jahrhundert“

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Contributeur(s)

Evelina Graffmann, Hannah Knorr, Charlotte Roth, Rabea Schalinski, Hannah Weber (élèves de la classe de Monsieur Becker, Professeur de religion), Potsdam.
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