Hugo HERZER

1872 - 1944 | Naissance: , | Arrestation: , |
21787 HERZER Hugo

Biographie de Hugo Herzer – dans le cadre du projet Convoi 77 –

 

Hugo Herzer naît à Berlin le 26 janvier 1872. Nous n’avons aucune information sur ses frères et sœurs ou ses parents. Il épouse Alice Minna Fränkel, née le 8 décembre 1884. Tous les deux sont Juifs. Le 4 novembre 1908 naît à Berlin-Charlottenburg leur première fille, Hilde Emmi Herzer, suivie quelques années plus tard par Ruth Edith Herzer, le 26 janvier 1912. La dernière adresse connue de la famille en Allemagne se trouve à Neubabelsberg, au numéro 26 de la rue Ludwig-Trost Straße. Auparavant et jusqu’au début de l’année 1939, ils résidaient au 27 rue Luisenstraße à Potsdam.

 

En plus de ces deux adresses, la famille Herzer possède plusieurs propriétés : le 24 rue Ludwig-Trost Straße et le 1a rue Alfred-Rosenberg Staße à Potsdam (aujourd’hui numéro 1a de la rue Robert Kochstraße), tout comme un appartement au 14 de la rue Neue Jakobstraße à Berlin.

 

Hugo Herzer est négociant en étoffes pour dames et l’unique actionnaire de l’entreprise « Hugo Herzer & Co. » de 1929 à 1939. Son entreprise est établie au numéro 32 de la rue Kronenstraße dans le quartier de Berlin-Centre (Berlin-Mitte). La famille est aisée. Hugo Herzer possède plusieurs actions. L’entreprise est liquidée par les nazis en 1939 du fait des origines juives de son propriétaire.

 

Le 22 mars 1939, le compte bancaire d’Hugo Herzer est ainsi bloqué par la Deutsche Bank, si bien qu’il lui faut justifier toutes ses dépenses pour espérer accéder à son argent.

 

Le 26 mai 1939, Hugo et Alice Herzer émigrent en France pour fuir les conditions de vie de plus en plus difficiles en Allemagne. Ils ont plusieurs adresses connues à Nice : ils auraient d’abord résidé à l’hôtel Francia, 9-11 boulevard Victor Hugo puis au 17 rue de Lépante et au 16 rue du soleil.

 

Alfred Krohn est le représentant mandataire de Hugo Herzer en Allemagne, il s’occupe de gérer ses affaires. Les deux filles de Hugo Herzer ont émigré à Londres. Elles avaient 31 et 27 ans. Rien que pour le voyage de sa fille Hilde, Hugo Herzer a du payer 30.000 RM (Reichsmarkt). L’émigration de la famille est strictement contrôlée. Le couple Herzer et leurs deux filles doivent chaque fois réaliser des listes de paquets à emporter pour leur voyage et les faire approuver. Hugo et Alice sont contraints par exemple de laisser leur petite collection de peintures à l’huile en Allemagne. Leur fille Ruth est surveillée alors qu’elle prépare sa valise qui sera ensuite contrôlée.

 

Pour financer l’émigration de sa famille, par exemple les frais de déménagement, Hugo Herzer doit se séparer d’une grande partie de ses biens. De plus, il paye aussi des taxes au Reich allemand comme l’impôt sur les Juifs.

 

En raison du règlement « Reichsbürgergesetz » (« loi des citoyens de l’Empire ») RGB1/1 S.722, toutes les propriétés de la famille Herzer deviennent propriétés de l’Empire nazi le 25 novembre 1941.

 

Extrait de ce règlement

 

« Alinéa 3.

(1) Les biens des Juifs qui en raison de ce règlement perdent la nationalité allemande, tombent en raison de cette perte de nationalité aux mains de l’Empire. Par l’entrée en vigueur de ce règlement, les Juifs qui avaient auparavant la nationalité allemande deviennent apatrides si leur domicile fixe se trouve à l’étranger ou s’ils partent à l’étranger. Leur patrimoine échoit sans contrepartie au Reich.

(2) Les biens échus doivent servir à financer la solution de la question juive dans le contexte des objectifs fixés »

 

Source : http://www.verfassungen.de/de/de33-45/reichsbuerger35-v11.htm

 

Les propriétés de Hugo Herzer sont finalement vendues aux enchères. Hugo Herzer est conscient qu’il ne trouvera pas de travail à Nice à cause de son âge avancé et de ses origines juives. De plus, après sa fuite, il n’est plus citoyen allemand et devient apatride du fait de ce règlement nazi.

 

Hugo Herzer et sa femme son arrêtés par la Gestapo le 8 juillet 1944 et envoyés au camp de transit et d’internement de Drancy. Le 31 juillet 1944, Hugo et Alice Herzer sont déportés à Auschwitz avec 1310 autres déportés dans le dernier grand convoi parti de Drancy à Auschwitz, le convoi 77. Ils sont assassinés le 5 août 1944 dans une des chambres à gaz d’Auschwitz.

 

Leurs deux filles survivent à la Shoah en émigrant en Angleterre. Leur nièce Elga Floria (née le 16 juillet 1910) a également fui à Londres et survécu. Hilde Emmi Herzer, Ruth Edith Herzer et d’autres proches se tournent après la fin de la seconde Guerre mondiale vers les autorités publiques d’indemnisation et présentent une requête pour le remboursement des biens volés par les nazis. Selon les documents du bureau chargé des indemnisations, Ruth Edith Herzer a obtenu 1.500 DM (Deutschmarkt) d’indemnisation pour l’incarcération et le meurtre de sa mère Alice Herzer. Cependant, elle n’a obtenu aucune réparation pour l’incarcération et l’assassinat de son père Hugo Herzer.

 

 

Documents du Mémorial de Yad Vashem (voir ci-dessous)

Documents de la procédure d’indemnisation
Source : Autorité des indemnisation (Entschädigungsbehörde) à Berlin (voir ci-dessous)

Photographie de Hugo Herzer, Fonds de Moscou, Archives nationales françaises (voir ci-dessous)

 

Sources :

21787 HERZER Hugo documents Yad Vashem 1
21787 HERZER Hugo documents Yad Vashem 2
21787 HERZER Hugo documents Yad Vashem 3
21787 HERZER Hugo documents Yad Vashem 4
21787 HERZER Hugo
21787 HERZER Hugo 3 Indemnisation Allemagne fin
21787 HERZER Hugo 2 Indemnisation Allemagne suite
21787 HERZER Hugo 1 Indemnisation Allemagne
21787-HERZER Hugo 19940451-128-10932_AN_7

Contributeur(s)

Pauline Baumeister, Marie-Luise Sutor, Sophie Vandrey, Marlene Wessel (élèves de la classe de Monsieur Becker, Professeur de religion), Potsdam
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